Il était une fois une jeune fille vivant sur une île des Philippines, à des milliers de kilomètres du Québec.  Elle avait un rêve:  devenir médecin et se consacrer à la recherche.  Elle fréquentait l’université, fille adorée de ses parents.  Une histoire comme il en existe plusieurs.   Suite à des revers familiaux – le décès de son père – elle décide de s’expatrier au Canada pour avoir la chance de poursuivre son rêve et d’aider sa famille.

Au même moment, je cherchais une jeune fille pouvant travailler et habiter chez-moi pour aider une amie étudiante qui s’occupait de mes parents depuis peu.  Elle était Française, étudiante à l’Univ. de Montréal, c’était ma Julie dont j’ai beaucoup parlé dans ce blog qu’elle m’a offert, cadeau de “passeur” que je suis.

C’était il y a sept ans.  Lola arriva en mars dans nos vies.  Après le décès de maman.  Elle s’occupa de mon père avec Julie et Adelina la Portugaise.  À elles trois, elles firent des derniers mois de la vie de papa un petit harem douillet où chacune avait sa place et son rôle.

Elle passa ensuite deux années chez des amis qui la firent voyager, de New York à Palm Beach en passant par la Californie.  Une seconde famille d’accueil, un autre monde.

Mais son rêve était de faire quelque chose d’autre de sa vie.  Elle parlait parfaitement l’anglais, appris le français et savait que la route serait longue et difficile pour avoir la chance de reprendre ses études de médecine.  Elle m’avait confié son rêve et je lui avait dit qu’à McGill, les Sciences étaient prises par des Chinois avec des notes surhumaines, entre 95% et 100% par matière imposée. Et que ce serait très difficile.  Je me souviens de son sourire.

Elle revint s’installer chez moi.  Des cours du soir et des milliers d’heures d’études de rattrapage plus tard, la voici acceptée à McGill pour un Bac en Sciences et Immunologie.

Elle est sur la route de son rêve.  Je me vois déjà  à sa graduation et j’en ai les larmes aux yeux.

C’est une belle leçon de ténacité et de courage.  Et surtout, une leçon de croire en ses rêves et de s’arranger pour qu’ils se réalisent.

À son tour- et un petit peu avec mon aide – elle a fait venir une amie, Vic, dont le rêve est de devenir éducatrice en garderie de petite enfance.   Une autre courageuse qui apprend notre langue après ses heures de travail et les weekends et s’intègre parfaitement dans une famille d’amis médecins Français qui ont eux aussi choisi le Québec.

C’est ainsi qu’un pays s’enrichit, en accueillant des étrangers qui apprennent notre langue, fréquentent nos écoles et nos université et restent ensuite pour redonner et enrichir notre patrimoine.

À elles, je lève mon verre et remercie le ciel de les avoir dans ma vie.

J’ai choisi une photo où elle dort, dans le bus.  Épuisée…  Touchant!

6 Commentaires

  1. Oh! c’est votre Lola!, je me sens tellement identifiée! vraiment!, très belle histoire!, comme je dis toujours:

    “El éxito no se logra con cualidades especiales es sobre todo un trabajo de constancia, de método y de organización”.

    JP Sergent.

  2. C’est la même route pour toi qui a choisi de venir faire tes études en français à Paris alors que ta langue est l’espagnol! Et que tu parles, lis et écrit de mieux en mieux, à peine un an après ton arrivée!

  3. “La belle histoire” comme celle de Lelouch, qui est parmi nous…
    Merci de partager ce moment de vie… c’est ainsi que se crée le bonheur…
    Et moi le bonheur de toujours te con-naître, Mia, et de m’avoir aussi accueilli dans ta Maison et ainsi partager, avec les deux autres chats, les joies de Lola et Vic.

    Micha, Lukas et Léo

  4. Toujours un honneur de faire partie de tes anecdotes pas si “superflues” que tu veux le laisser paraître 😉

    Ce qu’il y a de beau là-dedans, c’est que tu nous donnes le goût de devenir “passeur” à notre tour et de nous surpasser chaque jour en se disant : “Allez, si je ne le fais pas pour moi, je dois au moins le faire pour Mia!”…

  5. Super Mia, je crois que ces jeunes dames ont été très chanceuses de te trouver sur leurs chemins.

  6. While the Lepines have given me the chance to see the spectacular view of the other side, while I believe to be the captain of my own ship, you were the vast ocean that provided us the calm waters so that our ships could travel safely towards our intended destination. And Julie is right, if not for us, we have to do it for Mia!!! Vic and I are saluting you as well! ( she’s crying while I’m translating what you wrote, LOL!)

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